Titre

Titre Provisoire: Socio-Economic Factors Affecting Access to Higher Education Case Study - Lebanon

Auteur Leïla Youssef
Directeur /trice Prof. Georges Felouzis
Co-directeur(s) /trice(s)
Résumé de la thèse Terminant leurs études secondaires, les étudiants libanais se trouvent devant un dilemme : choisir le marché d’enseignement supérieur ou celui du travail. D’après la théorie du capital humain, l’éducation est vue comme un investissement guidé par le niveau futur de salaire (Becker, 1964 ; Shultz, 1963 ; 1960). L’accumulation de capital humain permettra alors de promouvoir le niveau d’emploi (Becker, 1964 ; Ashenfelter and Ham, 1979 and Nickel, 1979). Toutefois, l’éducation ne doit pas être considérée tout simplement comme investissement vu que la demande de l’éducation n’augmentera que si les bénéfices excèdent les coûts générés par un tel investissement (Ashton and Green, 1996). Afin de pouvoir comprendre les choix des étudiants, les aspects financiers et non financiers doivent être considérés (Heckman, 1976; Jimenez and Velasco, 2000; Becker, 1964). Ainsi, la capacité scolaire, le niveau académique et financier des parents, le sexe et la religion sont tous des facteurs à considérer afin de pouvoir étudier ces choix. D’autre part, Bourdieu (1986) ajoute la nécessité de considérer divers genres de capital (économique, culturel et social) afin de pouvoir concevoir la totalité des facteurs qui affectent les choix universitaires des étudiants. L’objectif de l’enseignement supérieur perçu par l’UNESCO n’est plus strictement lié à l’enseignement, la recherche, les études, etc. mais aussi il implique une fonction de développement de l’être humain (1998). De ce fait, l’enseignement supérieur est vu comme étant essentiel pour la diffusion de l’équité sociale (Assaad, 2009 ; Bennel and Pearce, 2003). La transformation du marché de l’enseignement supérieur d’un système élitiste vers un système plus massifié (Aziz, 2010), avec peu de planification, a toutefois transformé la structure, les fins, les rôles économique et social de l’enseignement supérieur (UNESCO, 1998) et a lancé le défi dans la capacité des universités à assurer l’accès à un large éventail de la population ; un accès qui ne peut plus être accepté sans équité (D’Addio, 2007). Pourtant, cette équité n’est pas facile à réaliser vu la diversité de facteurs, la nature du marché de l’enseignement supérieur et le manque d’information, de connaissance et de liberté de choix des étudiants (Sharrock, 2000; Pitman, 2000). Plusieurs auteurs ont avancé que le développement de l’enseignement supérieur va contribuer à une égalité au niveau des opportunités (Goastellec, 2006; Hansen, 2001). Néanmoins, cela a été critiqué sur la base des approches en termes de classes sociales (Boudon, 1974; Collins 1979; [in Hansen, 2001]). La probabilité d’accès à l’enseignement supérieur dépend largement du niveau socio-économique des parents (Meghir and Palme, 2005; Blanden and Gregg, 2004; Carneiro and Heckman, 2003 and 2002; Haveman and Wolfe, 1995). La classe sociale a ainsi deux effets sur le niveau d’éducation (Boudon, 1974 ; in Hansen, 2001): un effet primaire qui reflète la capacité de l’étudiant à atteindre les exigences de l’université (ceux d’un niveau socio-économique élevé atteindront un niveau éducatif plus élevé que ceux d’un niveau socio-économique moins élevé) et un effet secondaire reflétant l’effet de la classe sociale sur les décisions éducatives (les étudiants d’un niveau social moins avantageux auront moins de la chance à poursuivre leurs études universitaires par comparaison à ceux d’un niveau social plus avantageux). Bourdieu (1984 ; in Hansen, 2001) ajoute aussi que la faible situation économique a ses effets négatifs sur l’accès à l’enseignement supérieur impliquant que l’inégalité sociale persiste à travers le temps et passe d’une génération à une autre. Le niveau académique et professionnel des parents est aussi un des facteurs ayant ses effets sur les choix universitaires (Meghir and Palme, 2005; Blanden and Gregg, 2004; Carneiro and Heckman, 2003; 2002; Haveman and Wolfe, 1995). Ainsi, l’accès à l’enseignement supérieur dépend largement de la valeur accordée par les parents à l’éducation (Cohen, 1965; in Otero and McCoshan, 2005) ainsi que de leur niveau de salaire et d’éducation (Knighton and Mirza, 2002). Deux genres de capital affectent ainsi ces choix : le capital social et le capital culturel (Bourdieu, 1986). Le capital social souligne l’importance du réseau familial. Ainsi, les étudiants appartenant à un certain entourage auront la possibilité de mieux identifier leurs choix universitaires. Alors, que le capital culturel inclut les connaissances, compétences et valeurs permettant à un individu de réussir dans la société. C’est ce capital qui marque la différence entre les classes sociales vu l’effet d’apprentissage entrepris au sein de la famille et ça revient à ce capital d’assurer (ou pas) l’accès à l’enseignement supérieur. La question de l’égalité et de l’équité au niveau de l’enseignement supérieur n’est pas strictement liée à la classe sociale et niveaux financier et éducatif des parents. Elle s’étend aussi à la question du sexe. La décision des parents est un élément primordial dans l’égalité ou l’inégalité entre les sexes (Eloundou-Euyegue and Calves (2006 ; in Jah, 2006)). La composition de la famille entre garçon et fille (Butcher and Case, 1994), le nombre d’années entre un enfant et un autre (Jacobs, 1996), le nombre élevé de garçon dans la famille (Tansel, 2002; Ono, 2004) sont autant de facteurs qui peuvent réduire significativement l’investissement des parents dans l’éducation des filles. La faiblesse des ressources financières a aussi un effet inégalitaire entre les sexes (Shultz, 1993) où les familles de niveau socio-économique faible tendent à investir prioritairement dans l’éducation des garçons plus que les filles contrairement aux familles de niveau socio-économique élevé où l’investissement dans l’éducation des garçons et des filles se fait de façon plus équitable. D’après Khashan (1992), cette inégalité entre les sexes est aussi reliée aux idéologies religieuses. Abou Chedid et Nasser (2007) ajoutent que le choix des parents en ce qui concerne l’investissement en éducation, une fois corrélé avec la religion, la culture et un faible revenu financier, implique une disparité entre les sexes au détriment des femmes. Ainsi, dans les sociétés Musulmanes, la disparité entre les sexes est très marquée (Forsythe et al., 2000) par comparaison aux sociétés Chrétiennes (Dollar and Gatti, 1999; Guiso et al., 2003). L’effet de ces facteurs s’observe dans tous les pays avec certaines divergences entre les pays développés et en voie de développement (Vincent-Lancrin, 2010), laïques et religieux. Leurs effets sont surtout matérialisés dans les sociétés arabes où les croyances culturelles et religieuses sont plus prononcées. Le Liban est un des pays du Moyen-Orient où la composition de la société, les croyances religieuses et culturelles ont un poids très fort. Outre la diversité démographique, culturelle, sociale, religieuse et linguistique, ce pays est aussi caractérisé par un nombre important d’établissements d’enseignement supérieurs où 38 établissements privés partagent le marché avec une seule université publique (l’Université Libanaise) (CERD, 2007/2008). Cette diversité est complétée par une variété au niveau d’origines (arabes, francophones, anglophones) ainsi que de programmes et de méthodes de recrutement d’étudiants où certaines établissements/facultés imposent un concours d’entrée tandis que d’autres acceptent les étudiants sans concours d’entrée conditionné par leurs réussites au baccalauréat libanais. Cette divergence affecte la structure de l’offre et de la demande et par la suite l’accès. Au cours des années (de 1997/1998 jusqu’à 2007/2008), un taux de recrutement inverse au niveau du nombre des étudiants a été remarqué au détriment de l’Université Libanaise (CERD, 1997/1998; 2007/2008). De plus, les étudiants ont tendance à choisir des spécialisations qui vont à l’encontre des besoins du marché de travail. Du côté de recrutement entre filles et garçons, le nombre de filles inscrites dans l’enseignement supérieur est plus élevé que celui des garçons. Toutefois en considérant le statut public ou privé des universités, on constate que le nombre des garçons inscrits dans le privé est plus élevé que celui des filles. Afin d’identifier les facteurs affectant les choix universitaires des étudiants, cette thèse propose une étude socio-économique permettant de répondre à la problématique suivante: Si le choix du marché de l’enseignement supérieur se fait en espérant obtenir à terme un niveau de salaire plus élevé, pourquoi se fait-il alors à l’encontre des besoins du marché de travail ? Quels autres facteurs entrent en compte dans la construction de ces choix et quelles en sont les conséquences ? Afin de répondre à cette question, nous proposons de mettre en œuvre une enquête empirique qui étudiera trois dimensions pour rendre compte de l’offre et de la demande d’éducation supérieure dans le cas libanais. D’abord nous étudierons la dimension des politiques publiques d’éducation par une enquête qualitative auprès du ministère de l’enseignement supérieur. Ensuite les politiques de construction de l’offre éducative seront abordées au travers des établissements universitaires publics et privés. Enfin nous aborderons les stratégies étudiantes par un questionnaire passé à plus de 600 étudiants scolarisés dans le public et dans le privé. Les méthodes quantitatives et qualitatives permettront d’évaluer le poids des différents facteurs à travers les questionnaires adressés aux étudiants et les entretiens entrepris auprès de responsables universitaires et gouvernementaux ainsi que les données statistiques élaborées par des organisations gouvernementales. L’objectif est de mettre en place une analyse intégrant les facteurs à la fois économiques et sociologiques qui structurent l’offre et la demande d’éducation dans l’enseignement supérieur libanais.
Statut au milieu
Délai administratif de soutenance de thèse attendu en 2012-2013
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